31 pays africains partagent leurs expériences sur la qualité des systèmes d’EFTP pour garantir la transition formation-emploi

16 juil 2019

L’atelier régional de partage d’expériences sur la qualité de l’enseignement et la formation technique et professionnelle (EFTP) a été organisé à Nairobi dans le cadre d’un partenariat avec l’IIPE-Pôle de Dakar Unesco, l’Agence luxembourgeoise pour la coopération au développement (Lux-Dev) et l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF). Il fait  suite à l’organisation de l’atelier de partage de mars 2018 à Dakar sur la thématique des partenariats public-privés (PPP) dans la formation professionnelle.

Au total, 130 participants venus de 31 pays des cinq régions d’Afrique ont pris part aux travaux : Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Ethiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Kenya, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, RD Congo, Sénégal, Tanzanie, Tunisie, Tchad, Togo, Zambie et Zimbabwe.

Ils représentaient à la fois le niveau central (directions en charge du pilotage de l’EFTP, organisations faîtières d’employeurs et de branches professionnelles) et le niveau local (directeurs d’établissement, formateurs, entreprises, responsables régionaux de l’EFTP). L’atelier a bénéficié de la participation active de représentants de réseaux et d’organisations panafricaines et internationales de la formation professionnelle, de représentants de partenaires techniques et financiers (PTF) appuyant la formation professionnelle en Afrique et d’organisations techniques et d’institutions de recherche sur les thématiques de l’atelier.

Représentant le pays hôte, le Secrétaire d’Etat du département de l’EFTP du Ministère de l’éducation du Kenya, Dr. Kevit DESAI, est intervenu en séance plénière lors de la seconde journée pour indiquer que cette approche qualité système EFTP/transition formation-emploi était au cœur de la stratégie kenyane.

L’employabilité des jeunes et l’entreprenariat ont été discutés sous plusieurs angles et de manière féconde dans le cadre de trois journées thématiques structurées autour de travaux de groupe dont les résultats traduisent la richesse et la diversité des expériences africaines. Dans ce qui suit, il est énoncé une seule observation par groupe. Les résultats détaillés seront présentés dans le rapport global de l’atelier.

La première journée portait sur "la gestion et le renforcement des dispositifs nationaux de certification pour améliorer la qualité des acquis de l’apprentissage et leur cohérence avec les besoins en compétences de l’économie" :

Sous-thématique de la 1ère journée

Observation

Les partenariats public-privé autour de la certification entre les dispositifs de formation professionnelle et les représentants des secteurs économiques .

Un mécanisme de certification fonctionne mieux lorsque tous les partenaires sont formellement engagés et lorsque les centres de formation professionnelle et technique (C-FPT) sont autonomes, comme dans le cas des Instituts à Gestion Déléguée (IGD) du Maroc » 

L’organisation et la gestion des systèmes d’évaluation 
et de certification ainsi que le développement des cadres nationaux et supranationaux de certification.

Il existe une tendance émergente selon laquelle le secteur privé (entreprises et organismes sectoriels) manifeste de plus en plus d'intérêt à partager la responsabilité de l'évaluation des compétences aux niveaux régional, national et local.

Les modèles, les pratiques et les approches opérationnelles de validation des acquis de l’expérience.

La reconnaissance et la valorisation par les employeurs des acquis antérieurs ou des compétences acquises en dehors de la formation formelle exigent un effort de crédibilisation de la certification par la VAE.

 

La deuxième journée a traité "la gestion des établissements et des centres de formation professionnelle incluant l’apprentissage rénové" :

Sous-thématique de la 2e journée

Observation

Les piliers d’excellence en gestion des établissements 
et des centres de formation.

Les partenariats public-privé animés par des entreprises privées ou par l'État montrent de meilleurs résultats en termes de transition formation-emploi.

Le développement des modes de formation en relation avec les entreprises (apprentissage rénové, alternance, apprentissage en situation de travail). 

Le bon usage des taxes sur la formation est la clé de voute pour alimenter les fonds nationaux destinés à financer la formation continue et l'apprentissage. Ce financement doit s’accompagner par la mise  en place un dispositif de gestion et de suivi de la qualité de la formation au sein et avec l’entreprise.

Les indicateurs-clés de performance et le suivi-évaluation au niveau des établissements et centres de formation.

Un ensemble d’indicateurs peut mesurer à la fois la performance des centres au niveau de la qualité de la formation dispensée (évaluation interne) et la performance des dispositifs d’EFTP sur l’employabilité des diplômés y compris l’entreprenariat.

 

La troisième journée était davantage centrée sur "les dispositifs de suivi de l’insertion des sortants ayant complété leur formation en mesure de soutenir l’amélioration de la qualité de la formation et la régulation de l’offre de formation":

Sous-thématique de la 3e journée

Observation

L’accompagnement actif à l’insertion au niveau des établissements et centres de formation.

Les pays qui ont veillés à ce que l'EFTP ne reste pas replié sur lui-même, enregistre de meilleurs résultats en matière de transition formation-emploi.

Les dispositifs de suivi de l’insertion.

Les TIC offrent une opportunité réelle d'améliorer ces systèmes, en termes de coût, de fiabilité, de fréquence et de facilité d'utilisation, mais encore inexploitées.

Les dynamiques engendrées par le suivi de l’insertion performant.

Un suivi efficace de l'insertion professionnelle impacte positivement la prise de décision et permet la régulation des systèmes d’EFTP.

 

Par ailleurs, une séance plénière intitulée Panel des partenaires a permis aux représentants des PTF présents de décrire succinctement comment leurs appuis dans les pays africains contribuent à renforcer les dispositifs dans les thématiques de l’atelier. Etaient représentés à ce panel : AFD (Paris), DDC (Afrique de l’Ouest/Cotonou), Enabel (Burundi et Guinée) GIZ (Ethiopie et Tunisie), UNESCO (Paris), UNEVOC (Bonn), VET-Toolbox-CE (Bruxelles).

En outre, cet atelier régional a été l’occasion de renforcer l’échange d’expertises au niveau de l’Afrique et d’amorcer la mutualisation des ressources entre les pays ainsi que le développement de projets. Les participant ont tous exprimé leur fort engagement à œuvrer en faveur de la qualité des systèmes d’EFTP pour l’employabilité des jeunes en Afrique de manière pérenne.